VENU
DE LOIN

JOUER
SA MAIN

le rappeur AS-LM performant devant une foule en noir et blancBiographie

Le samedi 8 décembre 2012 a eu lieu à l’Alizé à Montréal, le lancement du premier album de l’artiste As-Lm, Abdesslam Layt Mbirkou pour l’état civil. L’événement a réuni environ 80 personnes de tous âges et de différentes origines. Le public a apprécié l’ambiance festive et rythmée. Une excellente prestation a été offerte par le groupe Struggle Some Fellas et par la jeune danseuse Shelsey.  As-Lm a conclu par trois des chansons de son album, avant de répondre aux questions d’Atlas.Mtl.

Entretien

Atlas.Mtl : D’abord pourquoi As-Lm

As-Lm : As  car pour réussir il faut être le meilleur. As-Lm  parce que cela veut dire en arabe la paix.  As  pour Abdesslam, L  pour Layt, M pour Mbirkou.

Et qui se cache derrière ce nom de scène?

Je suis un jeune artiste d’origine marocaine né à Casablanca le 30 novembre 1985. Ma sensibilité m’a poussé très jeune à m’intéresser à l’art sous toutes ses formes, spécialement la musique, la danse et le théâtre. Je n’ai jamais manqué de quoi que ce soit au sein de ma famille et je remercie le ciel pour ça. Mon cœur a pourtant souffert car ma compassion a toujours été énorme et peut être même démesurée. Quand je rencontrais des personnes pauvres dans la rue, je ne supportais pas leur détresse. Mon incapacité à les aider ne faisait qu’accentuer cette souffrance. Vu que je porte les autres en moi, il a fallu que je trouve une façon de sortir le mal de vivre. Hypersensible par nature, j’ai eu de la difficulté à contenir autant d’émotions. D’ailleurs, durant mon enfance, c’était parfois assez compliqué à l’école : je courais partout et mes professeurs n’étaient pas d’accord que je fasse autant de bruit. Ils m’ont donc rudement remis à ma place. Ne sachant pas utiliser cette hyperémotivité, je la refoulais…jusqu’à ce que je réalise qu’il fallait au contraire l’exprimer. C’est alors que mon art s’est développé.

Votre art, votre style; car incontestablement vous en avez un; comment s’exprime-t-il ?

À mon arrivée au Canada en 1998, mon destin a rencontré le RAP pour Rythm ou Riddim and Poetry (rythmes et poésie). J’ai commencé à me redécouvrir et à puiser dans mes ressources internes grâce au Rap. Ma capacité de décrire m’a aidé à rédiger des paroles intéressantes sur toutes sortes de sujets. C’était d’abord des thèmes d’actualité. Ensuite le spectre s’est élargi pour inclure ce que vivent mes contemporains (et moi-même bien sûr), de spiritualité et d’évolution personnelle.

Cette rencontre fortuite – ou providentielle – et mon besoin de raconter la vie, les gens, la société ont donné un sens à ce que j’entreprenais. Il a fallu d’abord terminer l’école secondaire, puis le CEGEP (Diplôme en Sciences humaines – Ahuntsic).  Ensuite, j’ai perfectionné mon art en étudiant, en sonorisation à l’école RAC (Recording Arts Canada). J’ai obtenu mon diplôme en 2007. Cela m’a permis de parfaire mes connaissances et travailler en tant que Dj et technicien de son ce qui a donné encore plus de consistance à ce que je faisais déjà.

Mais dans vos œuvres, il y a bien plus que de la maîtrise technique, on y sent à la fois beaucoup de profondeur et comme un souffle de révolte ou,  du moins, de contestation

C’est vrai que très jeune, j’ai baigné dans une atmosphère artistique. Mes parents organisaient, souvent des soirées à la maison où se mêlaient, chansons et rythmes musicaux.  Mes oncles et mes tantes sont également passionnés de musique et aiment chanter. Chez grand-maman maternelle, à chaque fin de repas nous utilisions la table sur laquelle on mangeait comme un tam-tam géant où chacun pouvait improviser ses propres notes. J’ai moi-même pris cette habitude de tambouriner sur toute surface et ainsi avoir un accès permanent à la musique. Chez nous, au Maroc nous aimons l’ambiance et le son coule dans nos veines. J’ai donc eu la chance d’être inspiré.

Plusieurs styles musicaux m’ont aidé à développer mes goûts. Notamment la musique de chez nous que j’entendais partout, autant Lmchaheb et Nass elghiwane, que le chaâbi et le raï. Au niveau de la mélodie, j’ai beaucoup été inspiré par les classiques arabes tels que Fairouz, Abdelhalim Hafez et Mohammed Abdelwahab. La musique occidentale fait partie aussi de mes influences, principalement le funk, le blues, le hip hop et le rock. Finalement, je ne peux oublier l’influence hispanophone comme la salsa, la bachata et le flamenco et caribéenne tel que le reggae, le dancehall et le zouk.

Dans ma musique, on ne retrouve pas que l’aspect contestataire et critique, bien au contraire je redonne la joie au « prolétaire » et le pousse à chanter mes airs. Une ambiance festive s’est donc naturellement jointe à l’aspect revendicateur et révolutionnaire de ma musique. C’est alors que j’ai commencé à faire du Reggae et du Dancehall qui sont des musiques faites autant pour faire réfléchir que pour faire danser.

Comment tout cela a-t-il évolué ?

• En 2009,  je rencontre Rayd et nous avons fondé le groupe Left&Right. Se sont joints à nous Matisse et Vaina pour donner naissance à Struggle Some Fellas, un groupe versatile qui touche autant au rap et au reggae qu’au blues et à la soul R&B. Nous ne croyons pas aux limites de styles ce qui nous permet de toucher beaucoup plus de gens.

• En 2012 je me joins au Collectif qui est un rassemblement de chanteurs, de Dj, d’infographes et de Photographe/Cameraman.

• Ce 27 novembre 2012 enfin, c’est la sortie de ce premier Album solo intitulé : « La naissance d’une légende »

Et ensuite ?

Ensuite, c’est-à-dire en 2013, deux autres albums sont prévus, un avec le Collectif et un avec Struggle Some Fellas.